Photo : Hélène Cyr
La curiosité et l’exploration définissent mon travail. Je suis à la recherche de ce qui me ressemble. L’homme et la nature, sa condition, la trace qu’il laisse sont au cœur de mes réflections et de ma pratique artistique.
Projet NEOFAUVE
Je peins de vibrants paysages à partir de mes propres esquisses ou photos. Avec mes choix de couleurs vives, mes jeux de lumières, je transpose sur le support l’atmosphère, le caractère du lieu.
Inspiré par le mouvement fauviste du début du 20e siècle, j’en applique les principaux choix stylistiques : utilisation de couleurs intenses sans référence au motif, création d’un jeu de contrastes complexes.
La couleur est appliquée en aplat. Des formes simplifiées et texturées suggèrent le motif. La ressemblance exacte est abandonnée au profit du dynamisme et de l’émotion.
En appliquant l’idée de perspective atmosphérique, je réussis à traduire de façon très personnelle une vision de la nature. Je peins ce que je ressens plus que ce que je vois.
Les artistes qui m’inspirent aujourd’hui sont Peter Doig, Kim Dorland, Monica Tap et Josianne Lanthier. Mais, au delà, ce qui nourrit vraiment mon art, ce sont les promenades en forêt et l’émerveillement, voire la jubilation, que sucite en moi le changement des saisons, cette transition chaotique et confrontante.
Projet Novo romantism
Le nu dans la nature, redevenu populaire a la fin du 18e siècle, fut exploité par les peintres des ateliers et académies de l’époque (entre autres Eugène Delacroix et François Boucher) pour exprimer des sentiments nobles et un idéal de beauté. Leurs personnages, issus de panthéons religieux ou héros de mythologie, étant par leur origine au dessus du simple mortel, pouvaient être représentés nus et devenaient une occasion d’étude du corps humain. La première décennie du 19e siècle (la Révolution française inséparable de la naissance du romantisme en France) fut une période de profond changement, exaltation des sentiments, rébellion contre les règles de l’arts et de la vie en général. À la fin de ce siècle, le relâchement des conventions dans la représentation et la modernité se fesant sentir, les peintres privilégièrent une approche plus réaliste, plus près de situations quotidiennes (entre autres Édouard Manet avec Olympia).
Je fréquentais assiduement des séances de modèle vivant avant la pandémie. Frustré que tout soit annulé et pour pouvoir poursuivre mon étude du corps humain, je me suis tourné vers cette période de l’histoire de l’art citée plus haut. Étudier et reproduire un personnage d’une œuvre de cette période (Romantisme), c’est exalter les sentiments et la fantaisie de ce siècle. Je vous propose donc une relecture de ce patrimoine intégré dans des scènes contemporaines. Je crée des univers où se cotoient nudité et pâmoison d’un couple sous un viaduc urbain, jeunes faunes, drapés savants et bouquet de ballons. J’ai structuré mes toiles sans fournir d’indications précises ce qui donne à chacun la possibilité, à partir de sa propre vision, de vivre une expérience qui les mènera aux frontières de notre temps et de l’idée romantique d’une nouvelle vie.
Projet Nature remodelée
L’impact sur la nature de notre style de vie nord-américain est sans précédent. Cette nature transformée par les desseins de l’homme n’est plus une vision partagée par les générations qui se suivent, mais une vision fragmentée dont plusieurs parties ne sont plus qu’un souvenir. Comme pour un casse-tête aux pièces manquantes, je parcours les nouvelles archives (Google earth, Google street view) pour faire ressortir les parties de paysages disparues dans ce processus de domination de la nature.